1989 : Des tours dans le passé

En ce mois de juillet 1989, je pose fièrement dans le jardin familial sur mon destrier rouge : une Honda 125 CG de 1977.

 

 

 

 

 

Je venais juste d’avoir mon permis moto et mon père, Jean-François dit Jeff pour les intimes m’avait acheté quelque temps avant (oui j’étais optimiste sur l’obtention du précieux carton rose !) cette jolie bécane auprès d’un de ses copains nommé … Jean-François, sic !

À croire qu’en plein baby-boom, les choix de prénom étaient restreints !!

 

 

 

 

 

Mes premiers souvenirs de moto remontent au début des années 70 lorsque j’allais chez mes grands-parents qui avaient la télévision (ah c’était pas comme maintenant avec une télé dans chaque pièce) et que j’admirais les fiches moto de mon magazine préféré : Télé Poche. Je suis tombé en pâmoison devant une Norton Comando de toute beauté. Ainsi fut mon premier rapport (platonique) avec une grosse…cylindrée. Je regrettais plus tard la disparition de la précieuse rubrique et le temps d’occupation des toilettes s’en retrouva nettement diminué.

Je compensais plus tard en recevant vers l’âge de 8 ans, une magnifique Harley-Davidson de la police américaine continuant à entretenir l’étincelle amoureuse pour tout ce qui avait 2 roues.

Alors oui, là faut-il que je précise que cette Harley-Davidson était un modèle réduit ?

Bah ! Oui quand même ! J’étais précoce sur certaines choses mais je ne pouvais pas encore conduire un tel engin. Vous y croyez, vous ?

Donc je passais des heures à choyer ma HD de poche. Et de là vint sûrement mon goût pour les customs et le monde des bikers.

À la même époque, mon père (ce héros) fit l’acquisition d’une Yamaha 125 RS que l’on pouvait conduire avec un simple permis voiture, à l’arrière de laquelle je connus mes premières sensations. Et cela dura une petite année avant d’être revendue.

 

La première moitié des années 80 fut une période où la moto fut mise entre parenthèse me consacrant à d’autres préoccupations.

 

À Pâques 85, lors d’un séjour chez un ami de mon père, je pus conduire à loisir une petite mob sur les routes tranquilles et vallonnées du Béarn. Tout en apprenant à dompter la fougueuse monture, la flamme se raviva à nouveau.

Peu de temps après, mon père me dégota une mobylette que je customisai rapidement. De bleue, elle passa à rouge Guzzi. Le guidon a été remplacée par un guidon façon chopper. Et roule ma poule !! Sauf que non.

La faute à un réservoir complètement rouillé. Et après d’innombrables montage-démontage du carburateur pour le nettoyer, rien n’y fait. C’est donc l’âme en peine que je du me résoudre à la remiser.

Pas décourager pour autant et la majorité approchant, je me résolus à passer mon permis.

Mais voilà, le précieux carton rose ne se trouvant pas dans un paquet Bonux (quoique pour certains…) et n’étant pas gratuit, il me fallut trouver une manne financière. Après avoir tenté du sponsoring auprès de mes géniteurs, ils me firent comprendre que puisque j’allais avoir 18 ans, il fallait que je m’assume. Dont acte.

Direction la Corrèze en août 88 où je travaillais comme guide équestre pour les touristes.

Ce fut une belle expérience me permettant de gagner en maturité et en assurance.

Et quoi de plus agréable que de bosser au grand air, sur des chevaux, dans un paysage au faux air de western ?

Le cheval, la moto, si loin si proche…

Une fois le boulot terminé…

… et un pactole de 1600 brouzoufs en poche (oui on est pas mal exploité en Corrèze), il me fallait trouver une auto-école pour me former au pilotage … à la conduite sur 2 roues motorisées.

Le code ne fut qu’une formalité. Et début juillet 1989, après 22 heures de stage sur une Yamaha 500 Virago (un custom !), une épreuve orale et une autre sur route, la Préfecture de Gironde me délivra le permis A … 

(là il faut s’imaginer avec l’Hymne à la Joie de Beethoven)

À peine titulaire du permis moto, je ne cessai d’utiliser ma petite 125 retournant même sur les terres corréziennes pour rempiler un été de plus comme guide équestre. Un périple de … 250 kms aller sans assistance et sans étape. Quelques virées sur place et à mon retour, je la quittai (temporairement) car je m’étais engagé dans l’Armée. La retrouvant à chacune de mes perm’s, elle m’emmena vaillamment en discothèque et autres bals de campagne (eh oui ! la vie de caserne crée un certain manque !) .

2 ans plus tard, je la revendis pour renflouer mes finances marquant un coup d’arrêt avec les motos. Mais ça c’est une autre histoire…

Épilogue :

25 ans plus tard, en novembre 2016, je fis l’acquisition d’une nouvelle 125 CG. Même année, même couleur, équipée aussi un porte paquet.

J’en suis ravi et elle m’a déjà comblé lors d’une ballade le long des boucles de la Seine. Je ne regrette pas de l’avoir achetée ce qui me permet de me replonger avec nostalgie dans mes jeunes années.

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