Contrôle technique

On en est où ?

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Le Contrôle technique moto européen repointe le bout de son nez à Bruxelles

mardi 23 février 2021

En janvier 2021, alimentés par le lobby de l’organisation de sécurité routière ETSC et de la société de contrôle technique DEKRA, des membres de la commission des transports du Parlement européen, ont soudainement manifesté une grande préoccupation pour la sécurité des motocyclistes et des cyclomotoristes. Ils sont allés jusqu’à réclamer un contrôle technique périodique européen obligatoire (CT) pour tous les deux et trois roues motorisés. Cela a eu lieu dans le cadre d’un débat sur le projet de « Rapport de mise en œuvre sur les aspects de sécurité routière du paquet Contrôle technique qui comprend les inspections techniques des véhicules », qui est réglementé dans la Directive sur les essais périodiques de contrôle technique (2014/45 / UE).

Lors des discussions sur le contrôle technique des deux roues motorisés (2RM), un certain nombre de politiciens préfèrent fonder leur opinion sur des hypothèses plutôt que sur des faits.



Juge et partie !

Les arguments selon lesquels la moto est dangereuse et le CT le rendrait moins dangereux, sont tirés d’un rapport rédigé au nom de la Commission européenne par un consortium du CITA (le comité international pour l’inspection technique automobile), CVH (Center for Vehicles Croatia), DEKRA (société de contrôle technique), IERC GmbH (Institut de recherche et de conseil économiques) et ISVA-UC3M (Institut de sécurité des véhicules automobiles appartenant à l’Université Carlos III de Madrid).

Au moins trois de ces organisations ont un intérêt économique direct dans le contrôle technique, ce qui n’a pas empêché la Commission européenne (DG MOVE) d’engager ces parties prenantes pour rédiger un rapport visant à « évaluer l’intérêt d’inclure les deux et trois roues et les remorques légères dans le cadre du contrôle périodique des véhicules » et de proposer la manière précise de le faire.

Avec un consortium comme celui-ci, il est difficile de croire que le résultat pourrait être autre chose qu’en faveur du contrôle technique moto.

Et c’est ce qui est arrivé. Plus intéressant encore, c’est comment ils sont arrivés à leur conclusion : les nombres d’accidents avec des cyclomoteurs dans un certain nombre de régions d’Espagne ont été comparés avant et après la mise en œuvre du CT pour les cyclomoteurs et les résultats ont été extrapolés à tous les deux et trois roues motorisés dans toute l’Europe.
Oui, même les gros cubes !
Pourquoi prendre la peine de faire des recherches sérieuses quand on peut le faire de cette façon ?
L’organisation des motards finlandais SMOTO, membre de la FEMA, a réalisé une évaluation du rapport et est parvenue à une conclusion dévastatrice : il n’a aucune validité d’un point de vue scientifique. SMOTO a également publié un rapport qui montre comment effectuer ce type d’analyses… Ce rapport conclut que le CT des motocyclettes n’est pas une méthode rentable pour améliorer la sécurité routière des motocyclettes et des cyclomoteurs ou pour réduire leur charge environnementale. L’accent doit être mis sur d’autres mesures, formation, éducation, infrastructures, prise en compte des spécificités, fragilité etc…

Les documents de position et les rapports d’organisations comme l’ETSC (utilisant des informations obsolètes) et DEKRA se concentrent sur les défauts des deux-roues motorisés qui ont été impliqués dans des accidents, sans faire la distinction entre les petits et les gros défauts et, sans lien de cause à effet, déclarant que ces défauts contribuent à (DEKRA) ou ont même causé (ETSC) les accidents dans lesquels lesdites motos étaient impliquées.

Pourtant, des recherches approfondies de 2005 (rapport MAIDS) et 2019 (SaferWheels) montrent que les défauts techniques ne jouent guère un rôle dans les accidents de moto. Moins de 0,3 % des accidents de 2RM sont liés à une défaillance technique du véhicule.

La FEMA demande aux membres du Parlement européen de ne pas fonder leurs décisions sur des hypothèses, mais sur des faits.

Après le débat au sein de la commission des transports du Parlement européen le 25 janvier 2021 sur la mise en œuvre du paquet de contrôle technique dans lequel également le CT était mentionné, la FEMA et ses organisations membres, dont la FFMC ont contacté les membres du Parlement européen (députés) qui font partie de la commission des transports (TRAN).

La FEMA a eu de bons retours et des entretiens avec les députés européens et le rapporteur responsable du projet de « Rapport de mise en œuvre sur les aspects sécurité routière du paquet Contrôle technique (2019/2205 (INI)) », Benoît Lutgen. Nous leur avons fourni les faits et leur avons demandé de ne pas fonder leurs décisions sur des hypothèses, mais sur des faits. Nous continuerons de le faire jusqu’à ce qu’une décision finale soit prise.

Réponse jeudi 25 février lors de la réunion de la commission Transport du Parlement Européen.
On vous tiendra évidemment au jus.

Plus de détails sur la position de la FFMC sur le contrôle technique moto : https://ffmc.asso.fr/controle-technique

P.-S.

Traduction et adaptation d’un article de la FEMA figurant ici : https://www.femamotorcycling.eu/technical-inspection

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